Sunday, 18 September 2016 15:47

Rapport L’Union, N°20, avril 2014, PNLT

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Le Cameroun fait partie des pays pour lesquels le Fonds Mondial (FM) demande que la Note conceptuelle soit commune pour le VIH et la tuberculose. En octobre 2013, lors de notre dernière mission, le Ministère de la Santé était inquiet car si le programme Sida était assez avancé dans le processus, celui de la tuberculose l’était moins et on craignait qu’il ne soit pas prêt à temps. Pour pallier à ce problème, le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) a demandé le soutien de l’Initiative 5% / France Expertise Internationale (I5PC/FEI) pour la mise à disposition de 2 experts techniques et d’un expert financier afin de l’aider à élaborer le Plan stratégique national tuberculose (PSN). En étroite collaboration avec le PNLT, les consultants ont employé la technique classique pour ce genre d’opération : revue générale du programme avec analyse de la situation par étude de la documentation existante sur les stratégies et résultats du programme, mise en perspective du PNLT dans le cadre général du Ministère de la Santé, interviews des différents acteurs lors de déplacements dans les régions ainsi qu’au niveau central, entretiens avec les partenaires. Un premier document a été présenté et discuté en profondeur lors d’un atelier de 2 jours (7 et 8 avril) réunissant toutes les parties intéressées. Ensuite, le travail sur le PSN a repris pour intégrer les suggestions faites lors de l’atelier et préparer le budget. Un atelier de validation présidé par le Ministre de la Santé a été tenu le 25 avril. Il a réuni tous les partenaires et les principaux acteurs de la lutte contre la tuberculose au Cameroun et le PSN a été officiellement adopté.

Comme toujours, l’approvisionnement régulier en antituberculeux de première ligne reste un problème majeur au Cameroun. Les commandes prévues en octobre n’ont pas été passées. Le programme espérait une commande de l’Etat qui n’a pas eu lieu car l’appel d’offres lancé par la CENAME s’est révélé infructueux. L’Union a pu obtenir un dépannage en streptomycine par la RDC mais en faible quantité. Une demande de cotation en urgence à IDA/GDF a été demandée durant notre visite et on espère que le processus sera un peu plus rapide que d’habitude car le premier médicament adulte à être épuisé est le {RH} en décembre cette année. Pour les formes pédiatriques, la rupture ne peut être évitée mais on pourra toujours utiliser des formulations adultes qu’on fractionnera, comme cela s’est fait pendant des années, avant la disposition des formes dispersibles.
La prise en charge des malades présentant une tuberculose multirésistante (MDR) se passe remarquablement bien, le souci principal là aussi étant l’approvisionnement à temps des médicaments de deuxième ligne. Au cours du premier semestre 2013, on a dû retarder la mise au traitement de beaucoup de malades faute de médicaments ; on espère que les processus de commande pourront s’accélérer suite aux entretiens que l’Union a eus à Genève avec les responsables du FM. L’autre problème est lié au retrait de la GIZ qui n’est pas encore compensé par le PNLT.
Sur Douala, on note une nette accélération des références de patients depuis l’hôpital Laquintinie vers les CDT de la ville avec 2 fois moins de tuberculeux enregistrés à Laquintinie au 1er trimestre 2014 qu’au 1er trimestre 2013. Malheureusement cela n’est pas retrouvé à Yaoundé où les références de Jamot ne progressent pas malgré les très mauvais résultats de suivi des malades.
Pour ce qui est des résultats globaux du PNLT, l’analyse situationnelle les présente très bien dans le cadre du Plan Stratégique national ; nous ne rapporterons ici que la synthèse. Une progression annuelle dans les 5 prochaines années de 1,5% du nombre de cas déclarés semble raisonnable. Le taux de perdus de vue diminue lentement et est à 8% pour les tuberculoses contagieuses de 2012 tandis que le taux de succès thérapeutique reste stable à 80% (68% de « guéris »). En 2013, 82% des tuberculeux déclarés ont été testés pour le VIH et 32% des TPM+ sont séropositifs, chiffre élevé mais stable depuis plusieurs années ; 65% des séropositifs ont été mis sous antirétroviraux, proportion en augmentation régulière (60% en 2011).

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